POURQUOI HERGÉ REPRÉSENTE-IL RASCAR CAPAC EN POSITION FŒTALE ?

La peau brune et desséchée de cette momie aux orbites vides, jetant des sorts à Tintin et à ses compagnons dans les albums Les 7 Boules de Cristal et Le Temple du Soleil, a beaucoup marqué les esprits des jeunes lecteurs.

Dans l’aventure Les 7 Boules de Cristal l’expédition ethnographique Sanders-Hardmuth a découvert et ramené du Pérou la momie du roi Inca Rascar Capac, cet acte de profanation va jeter la malédiction sur les membres de l’expédition.

Le véritable Rascar Capac est une momie de la civilisation péruvienne Paracas (200 avant J-C) qui n’a été présentée qu’une seule fois à l’occasion de l’exposition Le musée imaginaire de Tintin au Palais des Beaux-arts de Bruxelles, en 1979. L’Inca Rascar Capac (dont le surnom est Celui-qui-déchaîne-le-feu-du-ciel) a été inspiré à Hergé par certains noms des Incas qui ont régné au Pérou comme  » Manco-Capac « ,  » Mayta-Capac  » ou  » Huascar « . Il semblerait aussi que ce nom de Capac, ait été créé par Hergé en rapport avec le célèbre Égyptologue belge, le professeur Capart, très connu au plan mondial pour ses travaux en archéologie. Hergé se serait notamment inspiré pour créer la momie de Rascar Capac de la momie péruvienne qui figure au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles.

POURQUOI LA POSITION FŒTALE ?

Sans doute vous êtes-vous demandé : pourquoi Hergé avait, dans sa vitrine, représenté la momie de Rascar Capac en position fœtale ?

La momie est assise en hyper flexion, les genoux ramenés sur le corps, les bras repliés contre la poitrine et la mâchoire entre les poings. Hergé le savait-il ? Pourtant, cette position très particulière correspond à la réalité. En effet, le peuple andin croyait que la mort était une extension naturelle de la vie dans l’au-delà, et que le défunt continuait à vivre comme des entités spirituelles dans les corps momifiés.

Pour cette raison, ils ont cru que le corps intact du défunt devait être mis dans la même position que celle qu’il avait lors de sa naissance terrestre. Ils plaçaient les corps des défunts [momifiés en raison des conditions climatiques difficiles de l’altitude] dans des niches le long des murs des bâtiments (comme on le voit aujourd’hui dans les différents sites archéologiques des Andes) où ou dans les fossés creusés dans le sol, pour être en contact avec Pachamama, qui est la Mère Terre d’où nous venons tous, selon les croyances andines.

 

Quel âge avait-il ? Que mangeait-il ? De quoi est-il mort ? Autant de questions auxquelles vont tenter de répondre des chercheurs belges en braquant leurs instruments sur la momie péruvienne Rascar Capac, rendue célèbre par son apparition effrayante dans les aventures de Tintin. La chercheuse Caroline Tilleux et le conservateur des collections  Amérique du musée, Serge Lemaitre, ont décidé d’étudier en profondeur cette momie, ainsi que six de ses semblables également conservées dans le musée bruxellois.

Rascar Capac avait déjà fait l’objet d’un premier examen dans les années 1990, mais grâce aux nouvelles avancées technologiques en matière d’imagerie médicale, les chercheurs espèrent obtenir des informations plus précises sur la date de la mort, l’alimentation ou encore l’origine géographique des sept momies conservées dans la capitale belge.

Pour en savoir plus sur le scanner de Rascar Capac, cliquez au milieu de l’image

 

 

 

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