PEGGY ALCAZAR : VIRAGO ET ÉGÉRIE DU MAUVAIS GOÛT

Vous n’avez pas oublié sa première apparition : elle surgit comme une furie, coiffée de bigoudis et le cigare à la main pour « engueuler » tout le monde et se trouve remerciée par un Tournesol sous le charme.

Avec son regard cruel et son petit nez porcin, cette égérie du mauvais goût est une caricature vivante. Reine du bigoudi, vindicative, susceptible, capricieuse, égocentrique, courte sur pattes, sans allure, vulgaire, mal fagotée… Peggy est ce qu’on appelle un remède contre l’amour.

Ce qui ne l’a pas empêché de séduire et de mâter le plus grand révolutionnaire du San Theodoros, le général Alcazar en personne, qu’elle mène par le bout du nez.

Après Bianca Castafiore, Hergé dresse à travers Peggy un portrait de femme au vitriol qui lui vaudra d’être définitivement taxé de misogyne.

D’après Philippe Goddin, (voir son livre Tintin et le Bigotudos) Peggy serait en réalité la fille du richissime marchand d’armes Bazile Bazarof, apparu dans l’Oreille Cassée où l’on voit Alcazar traiter avec ce dernier un important contrat d’achat d’armes.

Dans le projet initial de Hergé, Alcazar présentait ainsi son épouse : « C’est Peggy Bazarof…Je l’ai rencontrée à New York, elle est très riche et fait partie de la Vicking Arms… ce qui a beaucoup simplifié les problèmes d’approvisionnement en matériel de guerre ».

Il se serait donc agi, d’un mariage « arrangé » lui apportant le soutien nécessaire pour mener à bien ses visées révolutionnaires.

Signalons enfin que dans le livre « Tintin et moi », Hergé avoue à l’auteur Numa Sadoul :

 « …Mais elle existe. Je l’ai vue à la télé, cette femme : c’est une américaine qui est quelque chose dans le Klu Klu Klan, détail qui ajoute encore à l’horreur du personnage…« 

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