LES BOITE DE CUBES DUBREUCQ (1943)

Devant le succès obtenu par ses puzzles sur Tintin, illustrés par Hergé en 1942, la société Dubreucq (un fabricant de cartonnages de luxe, situé au 51 rue Van Helmont à Bruxelles) eut l’idée de concevoir des boîtes de cubes en carton, imprimés sur les 6 côtés. C’étaient des boites assez grandes (31 x 21 x 5 cm) qui contenaient 24 cubes au total de 5 cm de côté. Les cubes étaient en carton léger, donc creux et particulièrement fragiles. On se doute qu’entre les mains de jeunes enfants ils devaient sérieusement « souffrir » des manipulations répétées, ce qui explique la difficulté aujourd’hui d’en trouver en « bon état ».

Ces boites étaient de différentes couleurs et se présentait sous la forme d’une boite cartonnée illustrée par exemple d’une image collée (scène de L’étoile mystérieuse) sur le couvercle, une seconde image collée à l’intérieur du couvercle (Tintin en pousse-pousse, scène du Lotus Bleu) et 4 images tirées à part représentant les scènes de Tintin en Amérique, L’oreille cassée, Le sceptre d’Ottokar et Le crabe aux pinces d’or.

Ces illustrations sont de superbes lithographies en 8 couleurs grand format : 290 x 195 mm, imprimées selon le procédé lithographique sur un beau papier relativement épais pour cette époque de restriction papetière due à la guerre. C’est pendant le week-end pascal de 1943 qu’Hergé réalisa ces illustrations spécifiques.

Sur chacune figure la mention « CUBES TINTIN ET MILOU, Cartonnages Dubreucq. Lic 52 T.B.F Bruxelles« . Les initiales T.B correspondent au nom de l’homme d’affaires d’Hergé à l’époque : Bernard Thiery, et Lic 52 au numéro de licence qu’il avait attribué aux Cartonnages Dubreucq.

NE PAS CONFONDRE PUZZLES ET JEUX DE CUBES !

Boite de cubes Dubreucq

On confond parfois les puzzles et les jeux de cubes de la société Dubreucq.

Boite de puzzle Dubreucq

Ne pas les confondre non plus avec ceux réalisés pour le journal Tintin, en échange des points ou timbres, qui datent eux des années cinquante.

Boite de puzzle éditée par Le Lombard en échange des points Tintin

UN PETIT HISTORIQUE

Le 15 décembre 1942, Bernard Thiery, l’agent commercial de Hergé pour les produits dérivés, a un entretien des plus intéressants avec la Société Dubreucq. La famille Dubreucq (le père, la mère et le fils) envisage d’éditer des puzzles en relation avec les Aventures de Tintin. C’est vers la fin des années 1920 que Franz Dubreucq crée, avec ses parents, une entreprise de cartonnages de luxe.
Le 23 décembre 1942 Bernard Thiery signe un accord au nom de Hergé avec la Société Dubreucq pour la réalisation de 12 puzzles Tintin et Milou.
Chacun d’eux portera la mention 49 T.B.F. Bruxelles. L’exclusivité pour ces produits est accordée à la Société Dubreucq jusqu’en décembre 1944.

En janvier 1943, la famille Dubreucq donne son accord sur les crayonnés de Hergé et lui fait part de son souhait que soient utilisés pour la mise en couleurs des “tons bien vifs”.
Plus tard, la même Société mentionne son désir de commercialiser aussi des jeux de cubes en carton dans le même esprit. Ce n’est que fin février 1943 que Hergé dévoilera ses projets pour les boîtes de cubes. Le 14 Bernard Thiery signe un accord au nom de Hergé avec la Société Dubreucq pour la réalisation d’une boite de cubes Tintin et Milou.
La licence de cette dernière portera la mention 52 T.B.F. Bruxelles. 


Hergé réalisera les dessins définitifs et effectuera lui-même la mise en couleurs des illustrations le 25 et 26 mars 1943.
Il en fera 6 (puisque un cube a 6 faces) qui seront inspirés de : 
– Tintin en Amérique
– Le Lotus Bleu
– L’Oreille Cassée
– Le Sceptre d’Ottokar
– Le Crabe aux Pinces d’Or
– L’Étoile Mystérieuse

 

Pour l’anecdote, signalons que la méfiance dont a toujours fait preuve Hergé à l’égard du merchandising et des droits dérivés a pour cause ce fameux Bernard Thiery. 
En effet, pendant la dernière guerre le père de Tintin avait accepté l’offre de cet homme d’affaires qui se proposait de gérer et d’octroyer des licences aux sociétés intéressées par l’utilisation du personnage de Tintin.

Les Cartonnages Dubreucq furent les premiers à être intéressés. Mais dès le début de leur relation, les choses se tendirent entre Hergé et Thiery. Trop souvent, l’homme d’affaires peu scrupuleux se gardait bien de faire parvenir à Hergé son dû. Pour sortir de cette impasse, en 1947, Hergé va se tourner vers Raymond Leblanc, avec lequel il vient de lancer le journal Tintin. Leblanc raconte “Hergé m’a téléphoné pour me dire “Thiery me doit tant. Si vous pouviez intervenir dans la récupération de cette créance…”. Ce que fera Raymond Leblanc. C’est ainsi que Le Lombard est devenu le gestionnaire des droits dérivés de Tintin… Jusqu’à l’arrivée de Nick Rodwell. Et la création de la société Moulinsart.

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