VIDÉO : ANALYSE D’UNE CASE DE HERGÉ (VOL 714)

Dans, cette vidéo, Serge Lemaire, conseiller culturel à la Maison de vente aux enchères Artcurial nous commente, (à l’occasion de la mise en vente en novembre 2011 de cette illustration originale) la dernière case de Vol 714 pour Sydney :

Cliquez au milieu de l’image pour lancer la vidéo

L’illustration originale : Elle fut offerte par Hergé en 1967, à l’un de ses traducteurs anglais : Michael Turner,

Hergé en compagnie de ses 2 traducteurs anglais : Leslie Lonsdale-Cooper et Michael Turner, devant la vitrine des éditions Methuen, Londres, décembre 1958.

Prépublication dans le Journal Tintin

Publication dans l’album couleurs

ANALYSE DE L’ILLUSTRATION :

Dans une belle perspective dont les points de fuite convergent vers l’entrée du Boeing, on découvre le mouvement des passagers marchant vers l’escalier donnant accès à l’avion. Les derniers de la file, ce sont nos héros, immédiatement précédés du steward napolitain Gino, du milliardaire Laszlo Carreidas et du pilote estonien Piotr Szut. Avec une économie de moyens mais une grande efficacité, Hergé rend bien compte de l’ambiance des lieux. Sur le côté gauche de l’image, on aperçoit un autre Boeing au sol, alors qu’un troisième appareil du genre traverse le ciel de l’aéroport, quelques instants après son décollage. Pour compléter le tableau, quelques chariots pour le transfert des bagages et, détail qui n’est pas sans importance, la présence à l’ex­trême-droite de la vignette d’un tracteur à bagages qui se dirige également vers l’avion que vont prendre nos amis. Le conducteur de ce véhicule de service est vu de dos, mais cela n’empêche pas le fait que le lecteur soit à même de pouvoir identifier l’origine de ce personnage. Cheveux noirs luisants, petit calot typique sur la tête : oui, nous sommes bien en présence d’un Indonésien.

Et si on y regarde de plus près…

Deux détails, loin d’être insignifiants, forcent notre admiration :

  • il y a d’abord la présence de Milou, le seul à regarder vers le lecteur. Son expression, bien particulière, pourrait être interprétée de deux manières : il tire la langue parce qu’il n’est pas heureux d’être tenu en laisse et que le voyage dans les airs qui l’attend ne l’inspire pas particulièrement ou plus subtil, sa moue en forme de méchant clin d’oeil fait référence au fait qu’il est le seul à avoir vu et retenu les détails de l’épisode mettant en scène des extraterrestres.
  • La deuxième subtilité est en rapport avec le capitaine Haddock. On remarque qu’il tient dans sa main droite un journal plié ; en fait, c’est un exemplaire du grand quotidien bruxellois Le Soir, l’organe de la presse périodique belge dans lequel parurent les aventures de Tintin durant la Seconde Guerre mondiale…

 

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Un commentaire


  1. Cette case est très proche de l’univers de Barelli, ce qui montre l’importance qu’a Bob de Moor dans la seconde partie des aventures de Tintin. On voit aussi que Hergé est passionné par l’univers des aéroports, un clin d’œil à l’album malheureusement jamais réalisé « Un jour dans un aéroport ».

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