LA NOUVELLE COLLECTION DE VOITURES TINTIN

2019, année des 90 ans de Tintin, se vivra aussi avec la nouvelle collection de voitures Tintin à l’échelle 1/24 (soit 2 fois plus grandes que les précédentes de la collection Atlas) que Hachette et Moulinsart viennent de créer : une collection exceptionnelle des plus belles voitures des Aventures de Tintin. Le journal Le Monde est également de la partie et, a publié un riche dossier sur le lancement de cette série des voitures mythiques de Tintin : pour lire l’article du Monde c’est ici

La collection a été officiellement lancée en France, le 17 janvier et aujourd’hui, trois voitures sont déjà sur le bitume !

Le Bolide rouge des Cigares du pharaon.

La décapotable Lincoln Zéphyr du capitaine Haddock des 7 Boules de Cristal

Le taxi rouge de New Delhi de Tintin au Tibet

Voilà en quelques mots les grandes étapes dans la création d’une voiture Tintin : un véritable travail d’orfèvre qui n’est que le maître mot de cette collection.

Les textes ci-dessous sont © Hergé-Moulinsart 2019

LA CRÉATION D’UNE VOITURE TINTIN – LA TINTINIFICATION

Il s’agit en premier lieu de tracer le plan de la voiture en 2 dimensions. Les références principales sont les dessins de l’album. Bien sûr, ces dessins ne sont jamais purement descriptifs et présentent rarement le véhicule en vue orthogonale. On rencontre aussi dans les dessins ce qu’on pourrait appeler des « ellipses graphiques » : parfois certains éléments sont absents pour les besoins de la narration et la mise en valeur des personnages. Nous devons donc avoir recours à des sources extérieures (photos, plans, etc.) et faire certains choix : compléter (ou pas) les blancs laissés dans le dessin, décider jusqu’où aller dans les détails, conserver certaines proportions voulues par Hergé et qui ne correspondent pas toujours aux modèles existants, etc. C’est le moment que l’on appelle entre nous la “tintinification”, c’est-à-dire faire passer des éléments de la réalité vers le monde d’Hergé. La ligne claire étant notre guide.

Le plan va ensuite servir de base pour extrapoler les volumes dans un programme informatique de type modeleur surfacique.

Globalement, l’objet va se construire par la juxtaposition des courbes vectorielles du plan dans les 3 vues spatiales. Mais encore une fois, rien n’est automatique dans ce processus et les courbes vectorielles sont nécessaires mais pas toujours suffisantes, il faut souvent ruser avec elles et trouver des solutions plus ou moins orthodoxes pour obtenir les volumes souhaités. La technique doit restituer au mieux la représentation mentale que nous nous sommes faite de ces volumes et de la voiture en général. Au final, on aboutit à un modèle complet dont on pourra faire ce que l’on veut, notamment l’imprimer en 3D et graver des moules d’injection.

En parallèle, les personnages sont modélisés dans un programme de type polygonal qui permet de travailler en subdivision de surface.

Techniquement, Tintin, Milou ou Haddock ne sont rien d’autre que des ensembles de points dans l’espace reliés entre-eux. Ils constituent des maillages plus ou moins complexes qui sont lissés par subdivision. Énoncée de cette façon barbare, on a du mal à se représenter la chose mais en réalité, là aussi, c’est tout un travail sensible qui est mis en œuvre pour restituer le dessin d’Hergé, les attitudes et le caractère des personnages.

Les personnages et le véhicule sont créés simultanément et un aller-retour permanent s’effectue entre eux. Parfois des adaptations de la voiture sont nécessaires, parfois ce sont les personnages eux-mêmes qui doivent être un peu rognés pour s’insérer dans l’habitacle.

LA MISE EN COULEURS ET LA « TEXTURISATION »

L’étape suivante est la mise en couleurs et la texturisation des modèles afin de produire une série de rendus-références.

Tous nos fichiers sont ensuite envoyés à l’usine accompagnés de notes d’instruction détaillant les couleurs, les qualités de surface souhaitées, certains éléments graphiques à tamponner ou coller par décalcomanie, etc.

L’usine procède alors virtuellement au découpage des différentes pièces à mouler et nous envoie en retour de nouveaux fichiers 3D pour validation. Après quelques amendements sur base de nos remarques, le premier prototype est lancé (le shot 1). À sa réception, nous l’auscultons sous toutes les coutures et compilons toutes nos observations dans un (long) document que l’on appelle tendrement entre-nous la “love letter”. Dans ce document, tout est passé en revue : la qualité d’exécution, les états de surfaces, les emboîtements des pièces, les erreurs ou initiatives malheureuses, etc. Un deuxième prototype (shot 2) est alors lancé en intégrant tous les points de notre “love letter”.

Si tout se passe bien et que ce dernier prototype correspond à nos attentes, nous pouvons alors donner le feu vert à la production en série.

Une page du fascicule

Pour en savoir plus sur la collection : 

UNE NOUVELLE COLLECTION DE VOITURES TINTIN

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