LA VERRIÈRE DE LA GARE DE GENÈVE…

La gare de Genève, dite gare Cornavin, est représentée à la page 17 de l’album. On y voit Tintin et Haddock devant la façade. Ils n’ont pas pris le train mais sont arrivés avec un car de la Swissair dont le terminus est situé à la gare (l’actuelle liaison ferroviaire avec l’aéroport est postérieure puisqu’elle date de 1987). Les agents bordures sont hors champ mais ils les épient aux abords de la gare. Ils sont d’ailleurs dans le hall de l’hôtel Cornavin, à deux pas de là, où ils ont une altercation avec Haddock !

À noter le réalisme des détails, qui font appel à des éléments existants : la grande enseigne CFF, et, plus discrètes, les deux affiches touristiques de part et d’autre de la porte : à gauche, le lac des Quatre-Cantons; à droite, St-Moritz. Deux pages plus loin (p. 19), les deux héros reviennent à la gare.

 

où ils manquent de peu le train pour Nyon. Or l’intérieur de l’édifice, représenté avec une verrière,

ne correspond pas à la gare réelle qui n’en comporte pas. On sait que Hergé, qui avait demandé des photographies à Jean Dupont, avait finalement renoncé à obtenir ce document.

Sur quelles sources s’est-il, lui ou son collaborateur Roger Leloup se sont-ils appuyés ? Selon une légende plutôt improbable, il aurait en fait représenté la gare de Lausanne. Celle-ci comporte bien une verrière, mais pas de la forme de celle de l’album. Une autre hypothèse voudrait qu’Hergé se soit simplement inspiré d’une gare belge, comme l’ancienne gare du Nord à Bruxelles.

QUI ÉTAIT ROGER LELOUP ?

Né le 17 novembre 1933 à Verviers. Parmi ses passions d’enfant : la bande dessinée, l’aviation et les transports ferroviaires dont il pouvait quotidiennement admirer des exemples à taille réelle dans l’importante gare de tri proche.

Il étudie l’art décoratif et la publicité à l’Institut Saint-Luc de Liège. Un voisin dessinateur, Jacques Martin, vient régulièrement acheter sa brillantine au salon de coiffure des parents du jeune homme. En 1950, le volubile visiteur mentionne qu’il cherche un assistant pour la période de vacances. Leloup se propose pour réaliser ses coloriages.

C’est ainsi qu’il commence à travailler sur les histoires d’Alix ». La commande passée à Hergé de chromos techniques pour la série Voir et savoir va le lancer dans ses premiers essais professionnels de dessins pour L’Histoire de l’Aviation et celle de l’automobile où Jacques Martin est engagé pour diriger la partie technique. Leloup fignole au crayon les engins que le dessinateur repasse à l’encre avant que Hergé y ajoute le personnage de Tintin.

Hergé juge rapidement plus pratique de regrouper à Bruxelles ses petites mains. Le 15 février 1953, Leloup entre aux studios Hergé. Ce dernier lui réclame surtout des dessins techniques ou de décoration très précise, comme la gare de Genève-Cointrin dans L’Affaire Tournesol, la chaise roulante du capitaine Haddock dans Les Bijoux de la Castafiore, des autos, des motos, des chars, la conception de l’avion de Carreidas et de tous ceux de la nouvelle version de L’Île noire, des chroniques sur le modélisme, etc.

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