LE MODÈLE DU CÉLÈBRE KARABOUDJAN

Cette publication sur les origines du navire Karaboudjan dans Le Crabe aux Pinces d’Or est une façon pour TINTINOMANIA de rendre hommage à ce grand Monsieur que fut Yves Horeau.

Publication réalisée à partir de l’article « TINTIN NOUS MÈNE EN BATEAU » de Yves Horeau et Jacques Hiron, paru dans le numéro 13 de la Revue des ADMH (Amis du Musée Hergé).

Le cargo Karaboudjan joue un rôle essentiel dans l’œuvre de Hergé : en 1940, c’est à son bord que Tintin rencontre le capitaine Haddock dans Le Crabe aux Pinces d’Or. Comme l’atteste la photo dans les archives de Hergé.

Planche originale
Case parue dans Le Soir Jeunesse du 28 septembre 1940

Le modèle du Karaboudjan (du moins pour sa poupe) est inspiré du cargo britannique Glengarry II. Ce bateau avait Glasgow pour port d’attache et faisait partie d’une série de cinq gros cargos (150 m de long) commandés en 1920 au chantier Harland & Wolff par la compagnie anglaise Glen Line, spécialisée dans le commerce avec l’Asie.

Un Gleengarry plus récent…

Le Glengarry II a été mis en service sur les lignes de l’Asie en 1922. Il fut endommagé en 1940 par un bombardement allemand à Londres et ne desservira plus le Japon à partir de 1942, à cause de la guerre. Il restera alors basé en Australie. Transféré à la compagnie Blue Funnel Line en 1949, il y fut rebaptisé Dolius II. Suite à un accident sur sa coque, il sera vendu à la démolition en 1952.

Le Glengarry II fut aussi un habitué des pays d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), dont il longeait les côtes après avoir doublé Gibraltar, avant de franchir le canal de Suez. Une escale de chargement/ déchargement dans ces pays est donc tout à fait plausible. Sa chronologie est également compatible avec celle du récit d’Hergé, puisque les premières planches du Crabe aux Pinces d’Or ont été publiées à partir d’octobre 1940, quand le Glengarry II naviguait encore.

Le problème de la silhouette du Karaboudjan…

Le Glengarry II avait deux caractéristiques notables pour son époque : c’était un gros cargo (parmi les plus longs que l’on construisait alors), et son mode de propulsion était à la pointe de la technique : il était mû par un moteur diesel, alors que la grande majorité des navires comparables utilisaient encore le charbon. Par contre, sa cheminée avait gardé toutes les caractéristiques de celle des navires à vapeur : elle était très haute, pour que les lourdes fumées des chaudières à charbon puissent être évacuées plus facilement.

La silhouette du Glengarry II indique clairement qu’il s’agit d’un navire bien plus gros que n’était le Karaboudjan. En 1943, une case ajoutée par Hergé lors de la publication du Crabe en couleur le montre clairement. Dans une ambiance nocturne, la silhouette complète du Karaboudjan y apparaît de manière précise, confirmant qu’elle est très éloignée de celle du Glengarry II. Hergé n’a jamais indiqué quel navire lui avait servi de modèle pour ce dessin. Etait-ce le petit cargo américain Ozark qui ressemble trait pour trait à celui commandé par le capitaine Haddock ?

La question reste ouverte…

La cheminée du Karaboudjan :

Le gros plan de la cheminée du Karaboudjan apparaît en haut de la planche 19 de la version noir et blanc du Crabe aux Pinces d’Or. On sait exactement d’où vient son inspiration, et à quel bateau appartenait cette cheminée, grâce à une photo trouvée dans les archives de Hergé. C’était celle du paquebot allemand Oceana, dont tous les détails significatifs sont repris dans le dessin.

Ce paquebot était un navire de 134 mètres de long, lancé en Allemagne en 1913. Il avait ensuite changé plusieurs fois de propriétaires, devenant successivement brésilien puis italien. Redevenu allemand en 1928 en tant que navire de croisière de la compagnie HAPAG, il fut intégré plus tard, en 1935, à la flotte civile de l’organisation nazie KdF (Kraft durch Freude). Il devint britannique après la guerre avant d’être racheté par l’URSS en 1946. Sa carrière s’acheva par sa démolition en 1958.

La cheminée du paquebot Oceana fut le modèle le plus souvent utilisé par Hergé, puisqu’il a traité une vingtaine de fois cette vue caractéristique, en contre-plongée, accompagnée du son de sa célèbre sirène : « TOOOOT ».

 Mythique affiche tirée d’une case de Tintin et éditée en 1980 par Casterman pour Studio Éditions, Paris. 100 x 55 cm.

Les images extraites de l’œuvre de Hergé sont la propriété exclusive de MOULINSART SA.

© Hergé-Moulinsart 2018.

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